Dans un contexte de réflexion collective, nous avons demandé à des artistes de nous parler de leur expérience et questionnement entourant la naissance.
Geneviève Rochette
La Naissance.
Quand je suis tombée enceinte pour la première fois, je me souviens d’avoir très vite eu besoin d’information. Je me suis rendue à une librairie pour acheter un livre qui me renseignerait sur les étapes de ce « Grand Bouleversement » que j’allais vivre. Je me suis assise dans un bistro avec mon livre et me suis mise à lire de façon frénétique.
Je deviens anxieuse, mais je poursuis ma lecture en tentant d’avaler mon sandwich au poulet (hon! Le poulet, la salmonelle, oups!) tout d’un coup, il y un chapitre qui décrit le développement du foetus à chaque semaine : « Vers quatre semaines, son cœur se met à battre, il n’arrêtera qu’avec la mort! » Et je suis bouleversée. Je reste bouche bée, je viens de voir toute une vie en une seule phrase, je viens de réaliser que je porte quelqu’un dans mon ventre!
Ensuite, je suis vite retombée dans le quoi faire et comment préparer l’arrivée de bébé et tout son attirail commercial qui l’étouffe! 40 semaines, un compte à rebours, le suivi médical, quoi manger, quoi ne pas manger, boire où pas (les avis changent, et lors de ma seconde grossesse, dix ans plus tard, plus une goutte d’alcool n’est tolérée par mon obstétricienne qui m’avait donné le feu vert 10 ans plus tôt, pour un voyage à Paris à 28 semaines en m’enjoignant de boire un bon bordeaux à sa santé!). Bref, je sens poindre une légère panique devant tant d’informations. Un bombardement d’informations! Sans compter la mère, la belle-mère, les amis qui sont friands de conseils. Parmi toutes ses informations, on me suggère aussi fortement de suivre des cours prénataux, pour de plus amples informations.
Au moment de l’accouchement à l’hôpital j’essaie de faire le tout au meilleur de TOUTES mes connaissances, pourtant ton corps te dicte assez bien ce qu’il faut faire, pour peu qu’on l’écoute! Mais le miracle, car je l’ai vécu comme tel, c’est qu’à travers tout ça, ce qui reste pour moi le miracle, c’est… Le premier regard de ma fille. Une rencontre, une vraie, bouleversante. Me voici, c’est moi ta mère. Elle ne pleurait pas, ses yeux tout écarquillés m’observaient. Je me suis sentie nue comme jamais, sans pouvoir me dérober aucunement, devant un être qui me semblait d’une sagesse infinie. Et ça, aucun livre, ni même une femme, aussi sage soit-elle, ne peuvent nous prévenir de ce bouleversement-là!
Geneviève Rochette
Quand je suis tombée enceinte pour la première fois, je me souviens d’avoir très vite eu besoin d’information. Je me suis rendue à une librairie pour acheter un livre qui me renseignerait sur les étapes de ce « Grand Bouleversement » que j’allais vivre. Je me suis assise dans un bistro avec mon livre et me suis mise à lire de façon frénétique.
Je deviens anxieuse, mais je poursuis ma lecture en tentant d’avaler mon sandwich au poulet (hon! Le poulet, la salmonelle, oups!) tout d’un coup, il y un chapitre qui décrit le développement du foetus à chaque semaine : « Vers quatre semaines, son cœur se met à battre, il n’arrêtera qu’avec la mort! » Et je suis bouleversée. Je reste bouche bée, je viens de voir toute une vie en une seule phrase, je viens de réaliser que je porte quelqu’un dans mon ventre!
Ensuite, je suis vite retombée dans le quoi faire et comment préparer l’arrivée de bébé et tout son attirail commercial qui l’étouffe! 40 semaines, un compte à rebours, le suivi médical, quoi manger, quoi ne pas manger, boire où pas (les avis changent, et lors de ma seconde grossesse, dix ans plus tard, plus une goutte d’alcool n’est tolérée par mon obstétricienne qui m’avait donné le feu vert 10 ans plus tôt, pour un voyage à Paris à 28 semaines en m’enjoignant de boire un bon bordeaux à sa santé!). Bref, je sens poindre une légère panique devant tant d’informations. Un bombardement d’informations! Sans compter la mère, la belle-mère, les amis qui sont friands de conseils. Parmi toutes ses informations, on me suggère aussi fortement de suivre des cours prénataux, pour de plus amples informations.
Au moment de l’accouchement à l’hôpital j’essaie de faire le tout au meilleur de TOUTES mes connaissances, pourtant ton corps te dicte assez bien ce qu’il faut faire, pour peu qu’on l’écoute! Mais le miracle, car je l’ai vécu comme tel, c’est qu’à travers tout ça, ce qui reste pour moi le miracle, c’est… Le premier regard de ma fille. Une rencontre, une vraie, bouleversante. Me voici, c’est moi ta mère. Elle ne pleurait pas, ses yeux tout écarquillés m’observaient. Je me suis sentie nue comme jamais, sans pouvoir me dérober aucunement, devant un être qui me semblait d’une sagesse infinie. Et ça, aucun livre, ni même une femme, aussi sage soit-elle, ne peuvent nous prévenir de ce bouleversement-là!
Geneviève Rochette
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